Entrepreneure dépassée par les événements

Aujourd’hui, je laisse la parole à la pétillante Evelyne, qui est une enseignante au primaire qui a une forte fibre entrepreneure. Elle a créé deux entreprises ; une micro entreprise de chandails peint à la main, Abydeve et une savonnerie, SavonEve. Ses entreprises lui permettent d’être à la fois d’être créative et méthodique. Abydeve lui permet de créer sans restriction et SavonEve lui permet de concevoir les produits, de développer les recettes et de les fabriquer, de prendre les photos des produits et de faire le design des étiquettes. Bonne lecture ! 

J’écris ces lignes à 7h30 jeudi matin. Sur mon bureau de travail traînent les cadavres de trois cafés tombés au combat, tous à demi bus. De quand datent-ils ? Je ne saurais dire. La vie d’entrepreneur est chaotique, ben la mienne l’est. Je commence mes journées par consulter ma liste de tâche. C’est elle mon boss. Elle me dit quoi faire et quand le faire. Elle va du travail au social au rendez-vous chez l’esthéticienne.  Actuellement, je jongle avec un emploi à temps plein avec un horaire compressé, deux entreprises, 2 chiens diaboliques, des études et un mari, alors il y a de la job de gestion là-dedans. Heureusement, la liste est là !

Ma journée de « congé » est donc assez olée merci. Au plan de match : 30 minutes de planification, 4h30 dans l’atelier au sous-sol, dîner, devoirs, dessin, sous-sol, médias sociaux, souper, épuisée. Santé mentale ? Aucune. Je commence par enfermer le chat et faire une brassée de lavage, 4 brassées de lavage seront faites durant ma journée. Quand ça bip, on switch. J’attrape mon café et je descends dans l’atelier. Et là, je multitask comme une pieuvre. Le plan : 3 batches de savons qui feront 6 sortes différentes. Le truc c’est que les savons aient un écart de 5-10 minutes. Mais l’affaire c’est que tu es constamment sollicité, la température de un, brasser l’autre, celui-là déborde, etc. Sauf que si tu en fais un seul à la fois, tu passes du temps à attendre. 3 en même temps, c’est le maximum que je peux faire sans mettre le feu. Pendant les rares temps morts, j’ai estampé et emballé les savons prêts.

Quand c’est fini, je monte dîner, souvent, je n’ai même pas l’énergie de faire la vaisselle (il y a tellement de vaisselle dans la savonnerie…). Alors parfois je dois redescendre ou pire, descendre et commencer ma journée par la vaisselle d’hier….  Je me connais bien, mon QI descend avec le soleil. Donc tout ce qui demande de réfléchir doit être fait de bonne heure, je ne vaux rien après 4h – noter que dans mon travail « normal » je termine vers 3h30 – comme le monde est bien fait. Après le dîner, je m’avance dans mes devoirs une heure à travers les hurlements des chiens qui paniquent dès qu’une voiture ralentit. Ensuite, c’est le tour de mon autre entreprise où je peins sur des chandails. C’est beaucoup plus petit, alors 1 à 2 heures semaine c’est suffisant. Je dois redescendre environ une demi-heure pour couper les savons.

Quand je remonte, je me plonge dans l’enfer des médias sociaux. Je n’ai jamais été si vieille que depuis que j’ai un compte Instagram… Facebook et mon site web, pas de problème, je comprends vaguement comment ça marche. Mais Instagram… tu fais une superbe photo de ton produit, tu as 2 likes dont un de ta mère – Merci maman – et la photo floue de tes pieds postée par accident a 83 commentaires ? Why Internet, WHY ?

Heureusement, ma journée achève. Parce qu’après 5h, il n’y plus de service au numéro composé. J’ai besoin de jus pour demain, car demain je mime/raconte à des enfants en anglais l’histoire inventée par mes bons soins d’un chien qui découvre la ferme. Faut pas que j’oublie mes chapeaux.

Santé mentale ? Aucune. Satisfaction… Beaucoup !

Être entrepreneure, c’est un peu être débordée tout le temps, les exigences qu’on a envers nous-mêmes, mais aussi envers les femmes, sont particulièrement élevées. On s’attend à ce que malgré une semaine de 70h, on fasse de bons petits plats maisons dans une maison immaculée avec une robe à froufrou rétro (j’en possède plusieurs d’ailleurs).

Mais moi ma réalité, c’est d’abord le partage équitable des tâches avec mon homme et ensuite la procrastination de ces dites tâches. Les 4 brassées de lavage, c’est propre et sec, mais c’est en tapon dans la salle de lavage. Ça va prendre deux trois jours avant que je les plie et les range. Car ma réalité c’est que mon entreprise prend énormément de mon temps. Grâce à mon horaire compressé (Merci à mon patron), j’ai une journée et demie pour mes entreprises ce qui m’a permis d’améliorer significativement ma qualité de vie. Grâce à ça, j’ai du temps pour profiter de la vie. Et non, pour l’instant, mon entreprise ne compense pas ma perte salariale – elle le fera un jour par contre. Je préfère l’optique de travailler moins et vivre plus. Avant, j’avais fait l’erreur de travailler 7 jours par semaine. Oui, j’aime ce que je fais, mais ce n’est pas un train de vie qu’on peut tenir à long terme et moi et ma robe a froufrou, j’ai prévu d’être heureuse.

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2017-05-10T18:58:59+00:00

One Comment

  1. Myreil Lalancette mai 16, 2017 at 4:10 - Reply

    Génial et très drôle 🙂

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